L'hôtesse du Gîte-studio Le 100 Sainte-Anne
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Baie-Saint-Paul et son histoire fascinante
par Rosaire Tremblay
rosairet@hotmail.com

Depuis la halte routière dite du « Belvédère » se découpe sous le regard une belle échancrure des montagnes.  
Deux pointes qui s’avancent dans le fleuve et en plein cœur d’un tapis de verdure, des toits d’argent, cinq clochers 
et quelques bouquets d’arbres : c’est 
Baie-Saint-Paul, premier lieu d’établissement humain de la région, qui prend figure d’aïeule en son rôle de mère-patrie, puisque de cet endroit, plusieurs autres paroisses sont nées tout autour.

Les secrets de la préhistoire sont d’abord ceux des tribus de Montagnais et d’Abénaquis qui les premiers ont foulé 
le sol de la région.  Ce fut Jacques Cartier en 1535 et Champlain en 1608 qui donnèrent le signal d’une définitive transformation.

FONDATION

Après la mort de Champlain, en janvier 1636, le roi de France concédait par l’entremise du cardinal-ministre Richelieu, au Sieur Cheffaud de la Regnardière, avocat de Paris et secrétaire de la Compagnie des Cent Associés, l’immense domaine compris entre les rivières Montmorency et du Gouffre.  Plus grande seigneurie concédée, 
elle était plus vaste qu’une province française.  Il en sera possesseur pendant une quarantaine d’années, soit 
jusqu’à sa mort en 1678.

Passée entre les mains de Mgr de Laval, évêque de Québec, la seigneurie de Beaupré dont les terres de Baie-Saint-Paul constituent l’extrémité est, connaît aussitôt un essor considérable.  Au printemps de 1678, 
le pionnier Noël Simard s’installe sur le territoire.  Âgé de quarante-deux ans, maçon de métier et installé à l’Ange-Gardien depuis vingt ans, ce Noël Simard surnommé ¨le Lombrette¨, est chargé par Mgr de Laval de commencer le défrichement d’une ferme et de préparer la construction de deux moulins l’un pour le blé et 
l’autre pour le bois.

Au printemps suivant, soit le 2 avril 1679, 
un autre pionnier,
Pierre Tremblay, se transporte depuis la côte de Beaupré jusqu’à Baie-Saint-Paul. 
Il va construire des moulins et exploiter des terres et en particulier, celles laissées vacances par Jean Serreau, Sieur de Saint-Aubin. 
Pierre Tremblay et sa femme Ozanne Achon élèveront une famille de douze enfants.  
Leur fils aîné, Pierre, deviendra à compter de 1710, seigneur de la seigneurie des Éboulements.

CONQUÊTE

À l’ouverture de la navigation, au printemps de 1759, la flotte anglaise qui venait de passer l’hiver en Acadie, 
remonte le fleuve et avance vers Québec.  Dès le mois de mai, des alertes se font entendre sur les rives du fleuve.  Les habitants de l’île aux Coudres reçoivent l’ordre de Vaudreuil d’évacuer leurs terres et il en fut de même pour ceux de Petite-Rivière-Saint-François.  Tous se retrouvent à Baie-Saint-Paul où ils doivent abandonner la place.  
Les animaux sont tués, le butin ramassé, les trésors cachés.  Le 8 mai, toutes ces familles quittent le village et se réfugient dans des abris de fortune qu’on appelait des ¨ cabanes ¨.  Elles y restent jusqu’en septembre.

Au chapitre du développement économique, il faut bien l’avouer, ce ne fut jamais la panacée.  L’industrie ne réussit pas à s’installer solidement.  Sous le régime français, Jean Talon exploita les pins et le goudron pour satisfaire les besoins de la marine française et voulut même exploiter le fer.

Les récents efforts en vue d’exploiter ce minerai furent tout autant éphémères.  Au tournant des années 1900, 
on a vu prospérer puis disparaître des exploitations de mica, une bricade et que dire de tous ces moulins à farine, 
à carder la laine ou à sciage, rien de tout cela ne subsiste aujourd’hui.

La construction de la route des Caps au début du XIXe siècle n’a guère fait évoluer les choses et que dire de l’audacieux chantier de Sir Rodolphe Forget consistant à relier Charlevoix avec une ligne de chemin de fer, lequel projet fut complété le 1er juillet 1919.  ces deux améliorations devaient en principe ouvrir véritablement la région au progrès et être le signal d’une ère nouvelle, mais la balance a penché d’un autre côté.

Le secteur de Baie-Saint-Paul a trouvé sa vocation il y a quelques années seulement grâce au tourisme à caractère culturel surtout qui procure de l’emploi à quelques centaines de personnes.  L’on ne saurait parler d’emploi sans évoquer l’œuvre des Petites Franciscaines de Marie qui avec leur hôpital devenu le Centre Hospitalier De Charlevoix et la maison-mère est un générateur économique non négligeable pour tout le comté.

MUNICIPAL

Les registres paroissiaux s’ouvrent en 1681, mais l’érection canonique date du 21 septembre 1714.  
Du côté municipal, celle de Saint-Pierre et Saint-Paul de la Baie-Saint-Paul, mieux connue sous le nom de « Paroisse Baie-Saint-Paul » fut érigée le 1er juillet 1845.  L’établissement du village en municipalité se fit en 1893 pour devenir la ville de Baie-Saint-Paul en août 1913 et redevint village en juin 1922.  Le village prit définitivement le statut de ville en juillet 1961.

La municipalité de Rivière-du-Gouffre fut érigée comme telle le 20 juillet 1921.  Les trois municipalités du territoire ont fait l’objet d’un regroupement au cours de l’année 1995 pour devenir Ville Baie-Saint-Paul.

Salon de l’histoire à ciel découvert

Une trentaine de plaques commémoratives ont été érigées sur le territoire de Baie-Saint-Paul.  Elles relatent, d’une façon particulière, certains faits historiques ou rendent hommage aux pionniers et artisans du milieu.  Faire le circuit de ces plaques commémoratives, c’est partir à la découverte de l’histoire de Baie-Saint-Paul, sans oublier le Pont couvert de Saint-Placide sud et les Moulins à farine du Ruisseau-Michel (Côte de Pérou) et Terrasse La-Ré-Mi (via 138).

Afin de défendre cette partie du territoire, Montcalm envoie de Québec un détachement de cent cinquante miliciens, une centaine d’Abénaquis et quelques pièces d’artillerie, lesquels avec les hommes de la place, construisent à l’entrée de la rivière du Gouffre, des retranchements appelés les « canons ».

Pendant que l’armée anglaise fait le siège de Québec, un détachement de soldats effectue un débarquement à Baie-Saint-Paul.  Le capitaine Joseph Goreham raconte dans son rapport que le 4 août, se trouvant face à Baie-Saint-Paul, « deux cents hommes s’activent à détruire les embarcations anglaises ».   Vers trois heures du matin Goreham et ses hommes débarquent et passent à travers deux postes de garde d’environ vingt hommes chacun, qui de dire le général « ont sur les troupes anglaises un feu soutenu pendant quelques temps ».  
Le rapport de Goreham poursuit en disant que « environ deux heures après, on les avait forcés de quitter leurs retranchements ».  Cette retraite dans les bois permit aux Français de mettre au point un stratagème assez particulier.  En effet, se souvenant que certaines tribus indiennes ont un cri de guerre qui ressemble fort bien à celui des oies apeurées et n’ignorant pas que les Anglais ont une peur incroyable à l’égard des Indiens, chacun prit sous son bras une de ces volailles et partit dans le bois à la rencontre de l’ennemi faisant aux oies la vie plutôt dure.  
Les cris se propageant dans le bois et croyant qu’une bande complète d’Iroquois était à leurs trousses, les Anglais passent la torche incendiaire sur tout le village et font deux prisonniers.

ESSOR

Dans son ouvrage Dans nos montagnes, Mgr Léonce Boivin écrit ceci : «Jusqu’en 1735, a-t-on pu écrire, la Baie-Saint-Paul, c’était tout le pays qui va du Cap Tourment à Blanc Sablon ».  Peu à peu des paroisses se détachent.  En 1733, s’ouvrent les registres de Petite-Rivière-Saint-François puis, en 1736, ceux des Éboulements, Saint-Louis de l’ile aux Coudres en 1741 et la Malbaie en 1774.  Les paroisses de Saint-Urbain, Saint-Placide et Saint-Hilarion apparaîtront respectivement en 1827, 1860 et 1864.

Quelques églises ont successivement servi au culte depuis les débuts de la colonie. 
 
La première édifiée en 1698 par le premier curé Pierre-Paul Gagnon près de l’actuelle gare, une seconde en 1753 qui sera la première sur l’emplacement actuel et qui connaîtra plusieurs agrandissements.  Elle est démolie en 1908 pour céder la place à une vaste église aux allures de cathédrale qui est la proie des flammes le 20 décembre 1962.  L’actuel temple paroissial fut bénit le 11 octobre 1964.

Plusieurs communautés religieuses se sont établies à Baie-Saint-Paul.  
D’abord les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame à compter de 1848 et ce, jusqu’en juin 1980; 
les Petite Franciscaines de Marie, communauté fondée en 1889 à Worcester au Massachusetts, et qui établit sa maison-mère à Baie-Saint-Paul à l’invitation de l’abbé Ambroise Fafard en 1891.  La communauté est encore bien présente dans le milieu avec au-delà de deux cent religieuses.  
Puis les Frères Maristes, communauté vouée à l’enseignement et qui fut présente de 1904 jusqu’en juin 1991.

Patrimoine naturel

Baie-Saint-Paul est située au creux d’une vallée façonnée par un affaissement de terrain, il y a plusieurs millions d’années pour former un « Graben », sculpté par la suite par l’érosion et les dépôts de la mer Champlain.  Baie-Saint-Paul est unique par son site marqué par la montagne, le fleuve, la verdure et le contrefort du parc des Grands-Jardins du côté nord.  Le « Cratère de Charlevoix » soulève un questionnement intriguant et ne manque pas d’attirer l’attention de tous les visiteurs.

La richesse naturelle de Charlevoix est présente au cœur même de Baie-Saint-Paul.  Peu de villages peuvent se targuer d’avoir une rivière à saumons qui les sillonne, telle la rivière du Gouffre.

En bordure du fleuve s’étendent la plage et les battures Sainte-Anne, site naturel exceptionnel où se côtoient champs, mer et forêt, lieu de prédilection pour l’observation des oiseaux et halte migratoire importante au printemps et à l’automne.  Vers le nord, les hautes montagnes des Laurentides marquent le paysage, aux frontières du cratère de Charlevoix.

Patrimoine architectural

Parcourir la rue Saint-Joseph, c’est découvrir l’un des premiers foyers de peuplements de Baie-Saint-Paul.  
Elle est caractérisée par ses maisons plus que centenaires à toit mansardé.  La rue Saint-Jean-Baptiste, qui fut et qui est toujours le cœur du « village », compte également plusieurs maisons construites au siècle dernier et qui ne manquent pas d’attirer l’attention  par leurs coloris variés.  La rue Saint-Adolphe, qui se greffe à cette dernière, présente quant à elle une disposition tout à fait étonnante des bâtiments.  La rue Ambroise-Fafard présente aussi une architecture remarquable.  La « maison mère » des Petites Franciscaines de Marie, qui a accueilli le premier hospice de Baie-Saint-Paul, de même que les imposantes résidences qui l’entourent, sont un plaisir pour l’œil.

Patrimoine artistique

Baie-Saint-Paul a toujours été une source d’inspiration pour les artistes-peintres; les couleurs, la montagne, la mer, les grands espaces et surtout une luminosité presque magique ont incité des peintres de réputation à traduire au fil des saisons, les beautés du temps et de la nature.  Clarence Gagnon,  A.Y. Jackson, Brymmer, Cullen, Goldhamer, Jean-Paul Lemieux, Marc-Aurèle Fortin et René Richard en ont fait périodiquement leur port d’attache.  Les talents populaires y ont aussi laissé des traces; qu’il s’agisse de nommer Yvonne Bolduc, Georges-Edouard Tremblay et Mary Bouchard parmi les plus connus.  Aujourd’hui, les arts occupent une place prédominante dans la vie urbaine : plus de 25 galeries d’art, le Centre d’art et le Centre d’exposition témoignent de la vitalité de ce secteur d’activités.

 

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